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Les bardages bois

 Le bardage bois, effet de mode ou valeur sûre ?

 

Crédit photo : PLF
Dernière mise à jour : sept. 2011

Le choix d’un bardage bois


Le bardage bois est en plein essor ! 
S’il trouve sa place légitime dans la construction bois, il est aujourd’hui privilégié comme revêtement extérieur des constructions béton ou métalliques auxquelles il apporte une nouvelle écriture architecturale et une touche environnementale. Car il nécessite peu d’énergie grise pour sa fabrication et présente un aspect naturel et vivant… 

Le bardage bois et ses dérivés sont devenus incontournables ! 
Avec 18 % de part de marché en 2007 pour 4 millions de m2, ils ont ainsi connu la plus forte progression des bardages en général. L’étude MSI Reports estime sa croissance à 62 % entre 2008 et 2012, pour 7,4 millions de m2. Si les bardages bois naturels et les tons bois forment l’essentiel du marché, les bardages bois peints sont de plus en plus prisés des consommateurs, avec des teintes gris lumière ou blanc perle très en vogue.

Ses qualités ne sont plus à démontrer !

   Qualités esthétiques, de par l’apparence naturelle et évolutive du bois, qui grise au fil du temps ou au contraire choisie dans une large palette d’aspects et de couleurs.
   Adaptation à un grand nombre de situations et de géométries des bâtiments, de par la variété des produits et des différentes techniques de pose.
   • Intégration en neuf comme en rénovation, par exemple en façades ventilées dans le cadre d’une ITE (isolation par l’extérieur).
   • Large choix d’essences ou de produits dérivés du bois offrant une belle flexibilité dans la conception mais aussi dans le respect du budget.
   • Respect de l’environnement : produit recyclable, offre certifiée PEFC ou FSC, bénéficiant d’une analyse de cycle de vie.
   • Facilité de mise en œuvre dès lors que celle-ci est réalisée avec rigueur et précision.
   • Techniques maîtrisées : DTU 41.2 « Revêtements extérieurs en bois » ou produits sous avis technique, garantie du produit et entretien facilité.
   • Durée de vie longue pour un entretien limité.

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Les exigences réglementaires


Le revêtement extérieur remplit plusieurs fonctions :
   • il protège l’enveloppe du bâtiment des intempéries (neige, pluie, vent, soleil, …) assurant ainsi sa pérennité,
   • il offre une résistance aux chocs exceptionnels ou accidentels,
   il participe, de par son aspect, à embellir le bâtiment.

D’une manière générale, le choix d’un revêtement extérieur doit répondre à des conditions :
   → de durabilité et d’entretien : le parement doit durer aussi longtemps que le bâtiment et engager des ressources (temps et dépenses) acceptables pour son entretien. 
   → de compatibilité avec le système constructif choisi : le revêtement extérieur doit être choisi en fonction des conditions locales d’intempéries mais aussi des modifications prévues du bâtiment à terme. 

Pour les techniques courantes, il est réglementé par le DTU 41.2 « Revêtements extérieurs en bois » et par des règles professionnelles. Une révision de ce DTU est en cours en 2011 qui aborde les questions des bardages ajourés et de la durabilité (sortie prévue en 2012).


© Philippe BOINARD

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Les types de bardages bois


Les bardages en lames sont les plus couramment utilisés en France.
Ils sont destinés aux parois verticales. Ils sont particulièrement adaptés aux constructions en ossatures bois mais aussi aux façades ventilées en ITE. Constitués par des planches brutes, rabotées ou moulurées, à vive arête ou profilées, ils se fixent sur une ossature secondaire qui assure la ventilation de la paroi, elle-même préalablement protégée par un pare-pluie.

Exposées en extérieur, les essences sont retenues pour être peu fendives et peu nerveuses :
   • parmi les résineux : Douglas (purgé d’aubier), sapin, épicéa, pin sylvestre ou maritime, mélèze et Western Red Cedar,
   • pour les feuillus : châtaignier, chêne, robinier,
   • divers bois tropicaux. 

Les lames sont soumises à de fortes variations hygrométriques, leur taux d’humidité pouvant varier de 8 à 20 %. 
   → L’humidité des lames à la pose doit être de façon optimale de 15 %, avec une tolérance à 18 % (+/-2 %). Les lames seront préalablement stabilisées sur chantier, stockées à l’abri de l’eau, des projections du sol et en piles aérées.

Elles sont soumises aux attaques des champignons et des insectes. 
   → Elles doivent être hors aubier et de classe de risque 3 pour les bardages verticaux ou 4 pour les bardages horizontaux, soumis à une humidité plus importante.
Leur profil et leur mode de pose permet d’éviter la rétention d’eau.
Elles sont ventilées.

Deux types de lames sont utilisés, pour un rendu différent :
   • Les lames non usinées : brutes de sciage ou rabotées, c’est le bardage traditionnel.
   • Les lames usinées : rainées bouvetées ou feuillurées, c’est aujourd’hui une forme de bardage courante en France. Assemblées entre elles, elles ne subissent pas de variations dimensionnelles (pas de jeu). Leur clouage n’est pas apparent si les lames ne sont pas larges. 


Crédit photo : PLF

Les dimensions des lames varient :

Largeur : de 90 à 150 mm 
(la largeur exposée ne doit pas dépasser 7,5 fois l’épaisseur, 10 pour le red cedar) 
Epaisseur : de 18 à 27 mm 
à choisir selon la flèche (entraxe des tasseaux de l’ossature secondaire)
Longueur : jusqu’à 5 m

 

La fixation des lames se fait par pointes
   • en acier inoxydable ou en alliage d’aluminium (Certains bois comme le Douglas ou le Red Cedar pouvant corroder certains métaux comme le fer.),
   • toujours annelées ou crantées pour la tenue dans le temps,
   • de 2,5 fois l’épaisseur du bardage au minimum.
La largeur exposée des lames détermine le nombre et l’emplacement des fixations.

Moins courants que les bardages en lames, certains panneaux sont destinés au revêtement extérieur des parois verticales et offrent un véritable cachet esthétique (ils n’ont aucun rôle structurel par ailleurs).
Dérivés du bois, à base de bois reconstitué ou en bois et ciment ou résine, ils sont généralement posés sur une ossature secondaire ventilée. Conception et mise en œuvre doivent être soignées pour éviter les désordres. 

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Les différentes poses

Le choix du mode de pose du bardage n’est pas qu’esthétique, il fait aussi partie de la conception de l’ouvrage. La façade étant exposée aux intempéries, il convient d’en assurer la pérennité face au risque fongique et donc de tenir compte des conditions d’écoulement et de désorption de l’eau de pluie sur les parties courantes ainsi qu’aux points singuliers. Différents facteurs entrent en jeu : le sens du fil du bois selon l’écoulement de l’eau, le type de pose, verticale, horizontale ou oblique, les profils des lames de bardage, les détails d’assemblage, …

   • Les poses verticales sont souvent préférées, pour le bon écoulement de l’eau, aux poses horizontales, plus salissantes. Les poses inclinées présentent des risques de rétention d’eau en partie basse des lames. Les poses cintrées sont permises.

   • Les poses à recouvrement sont traditionnelles : les lames sont clouées sur des tasseaux, légèrement écartées, puis les espaces sont couverts par d’autres lames ou planches dites couvre-joints, ou encore les lames sont posées en recouvrement les unes des autres, formant la pose dite à clin.
Posées à la verticale, les lames seront protégées en tête.
Une pose à clin à l’horizontale s’avèrera salissante (coulures d’eau).

   • Les poses à embrèvement procèdent par l’emboîtement des lames entre elles, soient sous forme d’un embrèvement simple, dite pose à faux clins, soient par rainures et languettes (la languette est toujours posée en rive supérieure).

   • Les poses à claire voie (ou à joints plats ouverts) réservent un espace visible entre les lames. Elles nécessitent un pare-pluie résistant aux UV et à la pénétration d’eau après vieillissement (NF EN 13859-2).

La ventilation :

Conforme au DTU 41.2, elle permet une bonne tenue du bois dans le temps.
Elle est assurée par une lame d’air de 15 à 30 mm d’épaisseur (10 mm minimum selon le DTU), située entre le pare-pluie et le bardage, réalisée par des tasseaux fixés verticalement ou horizontalement :

Le lattage vertical (pose de lames de bardage horizontales) permet une bonne ventilation.
Le lattage horizontal (pose de lames de bardage verticales) est posé de façon discontinue : les lattes réservent un espace tous les 2,50 à 3 m, les espaces mis en quinconce permettent ainsi la circulation de l’air et l’écoulement accidentel des eaux. Pour les façades exposées aux intempéries, la ventilation peut cependant s’avérer insuffisante.
Le double liteaunage (double tasseaux) présente une bonne alternative pour les poses verticales.
Les tasseaux doivent être au minimum C18, plutôt C24, de classe 2, voire 3 pour les tasseaux horizontaux et les poses ajourées.
→ Si l’entraxe de l’ossature primaire est de 40 cm, la section minimale des tasseaux sera de 22 x 40 mm, si elle est de 60 cm, elle montera à 27 x 40 mm.

Une lame d’air assez large (au-delà de 30 mm) améliorera sensiblement le confort et la thermique d’été, par évacuation de l’air chaud en haut du bardage.

Les entrées et sorties de ventilation sont protégées par des dispositifs anti-rongeurs et anti-insectes (profilés spéciaux, grillage…). Leur section est de 50 cm2 par mètre de façade bardée minimum. Une grille sera aussi posée sous les fenêtres.

La distance au sol du revêtement est préconisée à 20 cm par le DTU 41.2. Au pied du mur, le sol restera nu ou sera couvert de gravillons afin d’éviter les rejaillissements d’eau. S'il existe une terrasse ou un aménagement extérieur, un espace sera réservé pour l'écoulement d'eau. Enfin, les profilés en partie basse seront finis en goutte d’eau assurant un écoulement rapide de l’eau de pluie et évitant sa pénétration dans le bois.

Le pare-pluie :

C’est le pare-pluie qui assure l'étanchéité de la façade et non le bardage. Il est obligatoire sur les murs à cavité ouverte. Il évite les pénétrations d’eau accidentelles (la pluie poussée par le vent) tout en laissant passer la vapeur d’eau de l’intérieur vers l’extérieur du bâtiment, évitant ainsi la condensation. Sa perméance est au minimum de 0,5 g/m2.h.mmHg.


Indiparepluie (Les indispensables)
Crédit photo : MCD

Il est fixé par des pointes ou agrafes, ou par les tasseaux de l’ossature secondaire. Il faut veiller à sa pose par recouvrement (5 cm aux joints horizontaux, 10 cm aux joints verticaux) ainsi qu’aux raccords avec les dispositifs de fractionnement du bardage.


Crédit schéma : Doerken

Les bardages à claire voie répondent à des exigences de pose différentes car ils laissent un joint ouvert, exposant le pare-pluie aux UV, au gel et à la déchirure.

Un pare-pluie de qualité supérieure doit être choisi, résistant aux UV et à la pénétration d’eau après vieillissement et fixé par des tasseaux de classe 3A minimum. Ils sont identifiés dans les gammes des fabricants.

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La préservation et la finition des bardages bois


Le bois naturel en extérieur subit irrémédiablement un vieillissement d’aspect, au même titre que d’autres matériaux nobles comme l’ardoise ou la pierre, sauf à recevoir une finition telle qu’une peinture ou une lasure. Ce changement d’aspect n’affecte pas sa stabilité mécanique, ni sa durabilité. Il reste cependant que le grand public s’inquiète de ce changement progressif d’aspect et doit y être préparé.

→ Le bois qui n’a reçu aucun traitement va progressivement, sur plusieurs années, virer du brun clair au gris foncé, mat ou argenté, selon des nuances qui dépendent des essences et de l’exposition au soleil et aux intempéries. Avec des variations de couleurs irrégulières, ce vieillissement pourra parfois être assimilé à une dégradation du revêtement. L’uniformité du changement des façades dépend en effet du profil et du mode de pose (horizontal, vertical ou mixte) du bardage, des éventuels reliefs susceptibles de retenir l’eau et de la protection de la façade à la pluie (présence de débords de toit).

→ Le bois traité en autoclave aux sels, d’une nuance verte (pin) ou brune (douglas), verra son grisaillement ralenti, mais seulement ralenti, du fait du traitement.

→ Les bois rétifiés sont bruns mais deviendront gris aussi avec le temps.

→ Les bois modifiés thermiquement ne nécessitent aucun traitement complémentaire mais deviennent gris aussi avec le temps.


Crédit photo : Kaycan

Différentes finitions sont possibles pour améliorer l’aspect du bardage et assurer sa pérennité vis-à-vis de l’exposition aux intempéries, aux UV, aux variations de températures et aux variations dimensionnelles. Ces finitions doivent être adaptées à l’essence de bois. Elles nécessitent ensuite un entretien régulier et adapté. Il est ainsi possible de maintenir l’aspect original d’une façade bois !

   • Les lasures colorent selon la teinte choisie, transparente, semi-opaque ou opaque.
On évitera cependant les lasures incolores qui manquent de protection aux UV et nécessitent un entretien fréquent, comme les lasures sombres qui présentent un risque de dessiccation des zones surchauffées, puis de déformation.
Certaines essences comme le Red Cedar ou le Douglas ne tiennent pas la lasure.
Les lasures sont étanches à l’eau mais laissent le bois respirer.
   • Les peintures pour bardages doivent laisser respirer le bois, elles sont « microporeuses ». On veillera à choisir la peinture adaptée. Une peinture faite en usine sera garantie 10 ans.
   • L’application d’un saturateur gris anticipe le grisaillement du bois et gage d’une bonne uniformité de teinte.
   • L’application d’un dégriseur peut redonner au bois sa couleur d’origine, même après plusieurs années.

Les finitions peuvent être appliquées en usine ou sur site (L’application de la première couche se fait alors sur les 6 côtés avant la pose.).


Lasure longue durée - Crédit photo : Blanchon

Question importante, la fréquence d’entretien des bardages dépendra ensuite de plusieurs critères : l’exposition aux intempéries (soleil, pluie, humidité), la qualité du produit de finition et de sa mise en œuvre (nombre de couches, application artisanale ou industrielle), le choix de l’essence et sa qualité de surface (rabotée, brossée, sciée, poncée, ...), etc. 

Un entretien réalisé dès les premiers signes d’altération n’en sera que plus rapide et moins coûteux ! A titre d’exemple, un bardage à surface raboté s’entretiendra tous les 2 ans alors qu’un bardage à surface poncée le sera tous les 10 ans !

 

Plus d'informations ? 
Consulter les fiches produits MOBOA

      • Bardage 
      • Pare-pluie
      • Lasure et peinture bois

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