Extension Surélévation : l'importance du maître d'oeuvre
"Le maître d’œuvre est une garantie de sécurité pour l’artisan comme pour le client."
 
Stéphane VANDIN, jeune professionnel breton de 32 ans, a fondé son Cabinet BET Concept voilà déjà huit ans. Il a accepté de se livrer pour le magazine Unis pour Bâtir au jeu de l’entretien concernant son métier. Avec, en toile de fond permanente, la satisfaction du client et des artisans intervenants.

Entretien réalisé par Jean-Luc Fournier, janvier 2010

Stéphane VANDIN, 
BET Concept à Saint-Malo
Qui vous contacte généralement ? L’artisan ou son client ?
La plupart du temps, le client qui a un projet d’extension ou de surélévation consulte un artisan dont il a entendu parler positivement. Ce dernier, s’il est un bon professionnel, va prendre contact avec nous car il n’est souvent pas équipé matériellement et humainement pour effectuer l’indispensable première étape que représente l’étude de faisabilité. Entre les dossiers administratifs qui s’épaississent vite, le choix de la filière traditionnelle ou la filière bois, la préconisation des matériaux et l’indispensable respect de l’enveloppe budgétaire, le champ est vaste !
Le client arrive avec une enveloppe et des envies et nous abordons ainsi tout de suite le premier nœud du problème : trouver le bon compromis. Ca passe par un dialogue pas à pas.
Est-ce que votre première valeur ajoutée ne s’applique pas à ce moment-là ? Vous avez suivi une formation d’architecte, vous êtes le bon interlocuteur…
C’est en effet dès ce premier contact que l’on vient à parler de l’esthétique de l’opération mais, dans un bureau d’études comme le nôtre, on ne perd jamais de vue les impératifs du budget. Jamais ! On est très pragmatique là-dessus, on ne fabule pas, on est une force de proposition très réaliste. Généralement, on se préoccupe d’entrée des règles d’urbanisme et c’est là que le recours à un maître d’œuvre s’avère capital. Car les règlements varient d’une zone à l’autre : quelquefois même, sur le territoire d’une même commune, ils sont différents. Seul dans ce maquis, le client serait vite perdu, l’artisan également d’ailleurs.
Tous ces points relevés et étudiés, on entame la démarche pour obtenir le permis de construire : elle passe par l’élaboration du dossier administratif qui débouche sur la déclaration de travaux. Puis les plans précis sortent de notre bureau accompagnés du descriptif des travaux où l’on prend en compte toutes les règles de l’art, les DTU, etc. A ce stade, notre objectif est que les artisans qui vont être sollicités puissent établir leurs devis de façon réaliste, en toute connaissance de cause. Sur la base de notre travail, le cahier des charges est ainsi clair et précis…
Vous conseillez ensuite le client dans ses choix ?
Oui, on épluche les offres avec lui. Mais, vous savez, à ce stade, on est aussi bien un garde-fou pour le client que pour l’artisan. Le maître d’œuvre ne perd jamais un point de vue : il sait qu’il devra garantir la faisabilité globale du chantier, de la signature des actes à la réception finale des travaux. Alors, autant éviter les impasses ou les malentendus dès l’origine. Car notre cabinet garantit les deux parties : le client, qui, lui, n’a qu’un objectif, que le chantier soit réalisé parfaitement et dans les délais convenus, et l’artisan, qui sait que je gère les factures intermédiaires du chantier, à qui j’apporte un gain de temps considérable en terme d’administratif et qui peut ainsi se concentrer en toute sérénité sur son seul savoir-faire.
Ensuite, mon rôle devient plus traditionnel : il consiste essentiellement à coordonner les travaux par une réunion de chantier hebdomadaire où on apporte un grand soin à bien planifier le travail des divers intervenants jusqu’à la réception finale des travaux.
Vous êtes très bien placé pour observer l’évolution des pratiques et des mentalités. Quand on parle d’extension ou de surélévation, on évoque le combat de titans entre la filière traditionnelle et la filière bois. Quelles sont les évolutions sur ce front-là ?
Pour vous répondre, il faut rappeler les avantages et les contraintes de l’une et de l’autre.
La filière traditionnelle se voit désormais concurrencée dans certains cas car elle a des contraintes bien connues : le temps de séchage est la plus importante mais il y aussi la réalisation même du chantier : les gravats, la gestion des déchets qui sont plus nombreux que pour la filière sèche, sans parler des contraintes liées à la notion de développement durable, qui est aujourd’hui prise en compte. Les chantiers ont donc une durée plus grande et les contraintes techniques sont beaucoup plus nombreuses que pour la filière sèche : les accès du chantier doivent être plus importants pour la livraison et le stockage des matériaux, par exemple.
Ceci dit, la filière traditionnelle conserve l’avantage. Pour le client, la construction traditionnelle « en dur » est associée au sempiternel adjectif : solide !
L’évolution des positions entre les deux filières est cependant bien réelle et le bois a le vent en poupe aujourd’hui. Le public, peu à peu, sait que son bilan thermique est globalement plus intéressant que celui du béton et c’est un gros avantage aujourd’hui, quand on parle de performance énergétique globale du bâti. Et si l’on ajoute les facilités d’accès au chantier, la rapidité avec laquelle la mise en œuvre est exécutée (ce qui bien souvent autorise l’occupation de l’existant durant les travaux par les habitants), il est certain que les clients s’intéressent de plus en plus à la solution bois, je le vois bien…
Quels sont les principaux handicaps qui freinent encore la décision des clients en faveur du bois comme mode constructif ?
En tout premier lieu, les contraintes d’urbanisme. Le bois comme mode constructif n’est pas autorisé dans toutes les zones, loin de là. Les batailles entre les avis des maires qui signent les permis de construire et la DDE sont fréquentes. Tout cela est très complexe et avant que les mentalités n’évoluent, ce sujet est pour l’heure un peu tabou, il faut le reconnaître.
L’autre contrainte importante nous fait revenir à l’enveloppe budgétaire initiale que le client peut consacrer à son projet. Avec le bois, c’est souvent 15 % plus cher, en moyenne. Mais cette jauge-là ne vaut qu’en amont de la décision car, ensuite, année après année, les économies d’énergie viennent rendre l’opération bénéficiaire. Dès la première année, cet aspect des choses est bien réel ! A nous d’expliquer tout cela en détail comme, par exemple, parler de la revente éventuelle du bien qui voit la construction bois servir considérablement à l’atteinte de la plus-value attendue.
Très honnêtement, ce discours est encore difficile à faire passer au niveau du client mais ça vient. La maison BBC va faire bouger les choses, j’en suis convaincu.
Pour finir, comment voyez-vous l’évolution de votre métier ? L’appel à un maître d’œuvre va-t-il vraiment se généraliser ?
C’est certain. Souvent, après la livraison des travaux, les clients me confient leur regret de ne pas avoir fait appel à un maître d’œuvre huit ou dix ans avant, pour telle ou telle opération. Et du côté des artisans, je constate qu’ils se forment, qu’ils évoluent beaucoup et bien. Souvent, ce sont eux qui m’amènent les clients maintenant… Ils ont compris qu’ensemble, on forme une vraie chaîne et j’ai autant besoin d’eux qu’ils ont besoin de moi. C’est une chaîne de savoir-faire et quand cette chaîne est bien solide, ça roule tout seul ! Je sens très nettement ce renversement de tendance et c’est bien sûr très positif.


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